Turin: La première capitale de l'Italie
06
Jul

Turin: La première capitale de l'Italie

Dans une région à dominante rurale telle que le Piémont, l’on ne peut que s’étonner de trouver une ville à la fois si majestueuse et industrialisée comme Turin. Dans cette grande ville — qui fut des siècles durant à la pointe du progrès italien —, la culture et l’histoire sont présentes à chaque coin de rue. Ses musées d’art, ses restaurants, ses églises, ses palais, ses parcs et ses jardins témoignent de la richesse et de la prospérité dont jouit Turin.

La capitale du Piémont fut fondée par l’Empire romain sous le nom de « Julia Augusta Taurinorum » qui s’est raccourci au fil du temps en « Taurinorum » , qui devint « Turin ». Après de siècles de domination romaine, la ville est conquise tour à tour par les Byzantins, les Lombards et les Francs. En 1559, elle devient la capitale de la Savoie et en 1713, celle de la Sardaigne. Entre 1861 et 1865, elle est proclamée capitale du royaume d’Italie. En 1848, Turin était la capitale du seul état italien qui n’était pas sous le joug étranger. C’est d’ailleurs cette ville qui dirigea la Guerre d’indépendance, qui jettera les bases de la nation italienne. On comprend bien pourquoi on entend souvent que l’Italie est née à Turin. Le turinois Camillo Benso, comte de Cavour, l’un des grands artisans de l’indépendance italienne, favorisa le progrès et l’industrialisation qui valurent à Turin le rayonnement international dont elle a joui entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle.

À Turin, quand on veut prendre un verre dans un café, on commande un vermouth. C’est dans cette ville qu’il est né et qu’il fut commercialisé pour la première fois vers 1838. Il y a des siècles, les Turinois commencèrent à aromatiser le vin blanc avec les épices et les plantes aromatiques rapportées par les marchands vénitiens : artémise, achillée, cannelle ou rhubarbe. Aujourd’hui, le vermouth est plus en vogue que jamais dans la capitale piémontaise. Mais, il faut le boire dans les règles de l’art. Le meilleur moment ? À l’heure de l’apéritif, après le travail et pour ouvrir l’appétit. Les Turinois préfèrent le Martini classique ou le Cinzano traditionnel. Évitez les barils des grands distributeurs ; en revanche, n’hésitez pas à goûter le vermouth que quelques bars traditionnels de la ville produisent encore artisanament.

À table, les « grissini », petits bâtonnets de pain turinois, sont omniprésents. Pour la petite histoire, le boulanger turinois Antonio Brunero les aurait inventés pour le duc Victor Amadeo II de Savoie, qui souffrait de troubles digestifs qui ne lui permettaient pas de manger la mie de pain. Dès lors, les « grissini » ne tardèrent pas à conquérir le monde et notamment Napoléon, qui en était si friand qu’il demandait qu’on les lui rapporte de Turin. Pendant un temps, les Français appelaient Turin « Grisinopolis » ou « la commune de Grissino ». On en trouve deux sortes : les « stira » — très fins, entre 50 cm et un mètre de longueur — et les « rubata » – ; moins épais et plus courts, ils laissent apparaître les traces du façonnage de la pâte —. Il y a même un plat typiquement turinois appelé « bistec à la grissinopoli » préparé avec du grissino Rubatà émietté. Leur renommée dépasse les frontières du Piémont ; les « grissini » sont très populaires dans toute l’Italie et prisés de tous ceux qui veulent garder la ligne.

Turin est très célèbre pour ses légendaires douceurs. D’ailleurs, elle peut s’enorgueillir d’être la ville italienne où l’on fabrique le plus de pâtisseries. La douceur phare est — sans conteste — le chocolat, dont la qualité lui vaut une renommée mondiale. Laissez-vous tenter par le chocolat turinois dans toutes ses déclinaisons. Vous pourrez déguster dans l’un des anciens cafés de la ville – ouverts, dans la plupart des cas, par les chefs de la cour de Savoie — un chocolat chaud que vous pourrez accompagner d’une pâtisserie turinoise. Autre spécialité locale : le « bicerin ». Cette boisson chaude née au XIXe siècle dans le populaire café qui lui donna son nom fut baptisée par le Comte de Cavour lui-même, qui en raffolait. On la prépare en mélangeant une petite dose de café expresso à du chocolat chaud, un peu de lait et de la crème. On saupoudre le tout avec du cacao en poudre. Le chocolat est donc présent depuis des siècles à Turin et ses habitants se sont ingéniés à inventer de nouvelles recettes tout au long de ses années, contraints, souvent par les aléas de l’histoire. C’est ici que voit le jour le chocolat aux noisettes. Le célèbre « gianduia » (dont le nom vient d’un personnage traditionnel turinois de la « Comedia del Arte ») a été créé par un pâtissier en 1807, pendant l’occupation française. Le Piémont était alors soumis à un embargo qui l’empêchait d’importer du cacao. Cette matière première devenant plus rare, on commença à la mélanger à des noisettes . Voilà l’origine de cette recette si populaire.

Mais la cuisine turinoise ne se limite pas seulement aux mets sucrés. Et quelques délicieux exemples vont le prouver. Grâce à la qualité de l’élevage bovin et aux pâturages des montages de sa province, Turin propose une grande variété de fromages au lait de vache, parmi lesquels on trouve le Roccaverano, le Castelmagno, le Murazzano, le Grasso d’Alpe et le Raschera. Les anchois sont un autre produit phare qui se consomme à Turin depuis le Moyen âge. À l’époque, on pêchait les anchois au large de la côte ligurienne et elles étaient ensuite salées et transportées par des marchands vers le nord de l’Europe. En passant par les terres piémontaises, les anchois arrivaient principalement à Turin où elles étaient salées pour être ensuite mises en vente. Autre recette turinoise très traditionnelle : la « finanziera » (qui doit son nom aux agents de change qui en étaient friands), un ragoût à base de viandes et de petits pois, arrosé de vin Barbaresco et assaisonné avec un peu de cannelle. À Turin, les « spécialités locales » foisonnent et tous ses restaurants – ou presque — proposent les délicieux artichauts à la turinoise (farcis de bœuf, de poulet, de jambon ou de truffe) ou encore les poivrons farcis de riz à la turinoise, autre recette très populaire.

Mais, la cuisine bourgeoise de Turin est de plus en plus perméable aux influences rurales de la région. Chaque jour ouvrent leurs portes des restaurants nouveaux qui proposent des plats rustiques et traditionnels. Autrement dit, la ville bénéficie aujourd’hui d’un métissage culinaire qui ravira tous les palais. Et si la cuisine de Turin surprend par ses contrastes de plus en plus marqués, elle continue de briller par la qualité et la variété de ses plats. Poursuivons notre voyage dans cette magnifique région, car le Piémont nous réserve encore de nombreuses surprises…

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Piamonte

Turin (« Torino », en italien ; « Turin », en Piémontais) est une ville, un important centre d’affaires et culturel du nord de l’Italie et la capitale de la région du Piémont, située principalement sur la rive gauche du Pô et entourée par les Alpes.

Ville: 2.200.000 hab.

Surperficie: 130 km² kmª

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