Le rituel de l’apéritif à Milan
06
Jul

Le rituel de l’apéritif à Milan

Milan est très connue par les Italiens pour son intense vie sociale. Bars à la mode, offres de loisirs qui suivent les tendances les plus innovantes d’Europe, le tout dans une cité historique dont l’architecture témoigne de son passé aristocratique. Ici sont nées des boissons et des coutumes que le monde s’est peu à peu appropriées.

« Chin chin », c’est ce que l’on dit souvent lorsqu’on entrechoque deux verres pour porter un toast. Cette expression, qui vient d’une expression anglaise elle-même transformée du chinois « ch’ing ch’ing » — qui signifie « s’il vous plait »—, a été introduite pour la première fois en Europe par des marins britanniques. En Italie, et à Milan tout particulièrement, cette formule de courtoisie est sans conteste la plus prononcée pendant l’apéritif. La tradition, qui raconte que ce rituel a été créé dans la capitale lombarde, naît dans les années 80, grâce à un spot publicitaire devenu un manifeste de l’époque. Avec le slogan « Milano da bere » (Milan pour boire), l’entreprise Amaro Ramazzotti lançait sa boisson la plus connue, une liqueur obtenue après la macération de 33 types d’herbes aromatiques et destinée à devenir la première boisson sans vin comme ingrédient de base. L’image que la publicité souhaitait transmettre de Milan était celle d’une ville fourmillante d’énergie, puissante et forte, capable de réagir aux tragiques actes terroristes qui l’avaient frappé pendant les années 70.

Milan devient, alors, symbole de bien-être, de rythmes effrénés, de ville moderne et distrayante. La capitale ambrosienne veut devenir le New York européen, la ville italienne qui ne dort jamais, peuplée de mannequins et de courtiers. Des rues commencent à être à la mode et à accueillir les boutiques les plus en vogue : Via Montenapoleone et Via della Spiga deviennent de véritables références. L’industrie de la mode commence à être le principal attrait de la ville, Milan est le fer de lance du « made in Italy » et ses créations gagnent en importance sur les podiums du monde entier. Les gens proclament leur envie de vivre, de sortir et de se réunir autour d’un cocktail – évidemment —. Rien d’étonnant à ce que le rituel de l’apéritif, qui a conquis le monde entier, soit né dans cette ville.

En parlant d’apéritif, l’une des icônes indiscutables de Milan est Campari. Ses origines sont liées à l’arrivée en ville de Gaspare Campari en 1862. À cheval entre Novara et Turin, après plusieurs tentatives plus ou moins heureuses, le chef d’entreprise réussit à ouvrir un bar en plein centre-ville, place Duomo, à côté de la magnifique Galerie Vittorio. Gaspare crée son propre laboratoire dans l’arrière-boutique de son local pour expérimenter avec différents distillats et élixirs qui, finalement, le mènent au succès. La recette du Campari avait vu le jour et, comme le disent les Milanais, elle est restée depuis inchangée. La place du Duomo ainsi que la galerie Vittorio Emanuele, les deux témoins muets du processus de création du Campari, valent le détour. La beauté incomparable de la cathédrale, la splendeur des paysages aperçus depuis ses toits et l’élégance surannée des boutiques situées dans la galerie représentent bien l’âme sophistiquée et controversée de la capitale lombarde. Mais, un autre cocktail a remporté un succès international : l’Americano. Malgré son nom, évoquant un autre pays, c’est une boisson bien italienne, préparée avec du vermouth rosso originaire de Turin, du Campari et un peu de soda. En raison de ses ingrédients, justement, ce cocktail est également connu sous le nom de Milano-Torino ou TO-MI. Quant à l’origine de l’appellation « Americano », elle serait liée à la célébration d’une victoire du boxeur italien, Primo Carnera, remportée à New York au temps du fascisme. Autre produit phare des zincs milanais : le Negroni Sbagliato. Créé dans les années 60 par le barman Maurizio Stocchetto, ce cocktail se distingue de la version classique (gin, vermouth, Campari) car on y remplace le gin par du champagne brut. « Sbagliato » signifie en italien « erroné » et c’est justement une erreur qui fut à l’origine de cette boisson tout particulièrement appréciée du public local.

 

Il y a à Milan un nombre infini de bars pour aller prendre un verre avant ou après le travail et la plupart d’entre eux se trouvent dans le quartier des Navigli. Ces derniers sont nés comme des systèmes de canaux d’irrigation et navigables, qui servaient à relier le lac Majeur, le lac de Côme et le Ticino et ouvrent à la capitale lombarde les voies de la Suisse et de l’Europe nord-occidentale. Aujourd’hui, nombre de bars jalonnent ces canaux et on peut y déguster de savoureux apéritifs généralement composés d’un buffet abondant à base de pâte froide, pizzas, bruschette. En outre, l’offre culinaire est de plus en plus variée et copieuse, tant et si bien que l’« apéro » est devenu ce que les Milanais appellent un « apericena » (apéro dînatoire).. Les portions à grignoter ressemblent plutôt à de vrais plats et comprennent des recettes plus sophistiquées. C’est un moment de plaisir, à mi-chemin entre l’apéritif et le dîner, justement. D’ailleurs, à Milan, tous les jours sont bons pour prendre un « apericena ».

La prochaine étape de notre voyage nous permettra de découvrir les magnifiques montagnes et vallées qui entourent la Lombardie et confinent à la Suisse : la Valteline. Une destination particulièrement prisée par tous les amateurs de glisse, qui des quatre coins du monde se rendent aux Alpes italiennes afin de s’adonner à leur sport d’hiver favori.

45.4654219, 9.1859243

Milán

C’est la plus grande ville du nord de l’Italie et la deuxième ville de l’Italie en nombre d’habitants, chef-lieu de la province de Milan et capitale de la région de Lombardie. Elle est située dans la plaine padane, l’une des régions les plus développées d’Italie.

Ville: 1.345.890 hab.

Surperficie: 181,76 kmª

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