Gênes, porte sur la mer
06
Jul

Gênes, porte sur la mer

La ville de Gênes est née au IVe siècle av. J.-C. C’était à l’origine un port romain. Son nom, qui provient du latin, signifie « porte ». Et les « portes » sont les parfaits symboles de son histoire : des portes qui ne cessent de s’ouvrir à de nouvelles cultures, de nouveaux arrivants, de nouveaux empires et de nouvelles invasions…

Depuis sa fondation, des peuples venus d’ailleurs se sont disputé son territoire. Pendant le haut Moyen âge, Gênes a subi des attaques constantes et après des siècles d’innombrables sièges, l’invasion des Sarazins en 935 déclencha une forte rébellion contre l’occupant.

Et les Génois en sortirent grandis. Ils se renforcèrent tellement — et si rapidement — qu’à la fin du premier millénaire Gênes était devenue une ville indépendante et une puissance maritime. Pendant le bas Moyen âge, cette ville portuaire connaît son apogée. Gênes se développe. Elle devient l’une des grandes puissances financières d’Europe et l’un des ports commerciaux les plus importants de la Méditerranée, qui se pose en rivale de Pise et de Venise. Elle est proclamée capitale de la République ligurienne. Une balade dans ses ruelles permet au visiteur de se faire une idée de la prospérité qu’a connue Gênes au Moyen âge. Elle peut s’enorgueillir d’être aujourd’hui la ville médiévale la plus grande et la mieux conservée d’Europe. Le dédale de rues labyrinthique du quartier historique est bordé de monuments en parfait état. Bâtiments romans, églises baroques et spectaculaires palais de la Renaissance se révèlent au fil de la promenade. Les nombreuses forteresses dressées sur les collines environnantes témoignent de la puissance de cette ville entre le XIe siècle et le XVe siècle. Mais, Gênes doit tout à son port. Et la cuisine n’est pas en reste : l’influence des produits venus des quatre coins de l’Asie et de l’Europe donne aux plats génois un goût unique.

Gênes a toujours accueilli une importante population immigrée et son ouverture aux influences venues d’ailleurs ne pouvait que se retrouver dans ses recettes. L’histoire de cette ville riche en contrastes culturels a laissé son empreinte dans sa cuisine régionale. On doit les spécialités locales à l’amour et – surtout — à la patience des femmes des marins génois qui préparaient de bons petits plats très élaborés avec lesquels elles espéraient surprendre leurs maris à leur retour à la maison, après de longues périodes en mer. Pour les mijoter, elles utilisaient les légumes et les produits frais qui manquaient tant aux marins pendant leurs longues expéditions. Mais s’il y a bien une recette génoise qui a dépassé toutes les frontières, c’est sans nul doute « il pesto alla genovese » . Cette célèbre sauce née au Moyen âge a conquis le monde entier. Elle accompagne parfaitement toute sorte de pâtes et se marie très bien à quelques spécialités du terroir comme la fameuse « soupe minestrone », les populaires « trofie » ou le traditionnel spaghetti « le trenette ». Les ingrédients utilisés ne sont pas bien compliqués à trouver : basilic, ail, fromage pecorino sarde et huile d’olive. C’est en cherchant un moyen de conserver le basilic — une plante aromatique très abondante dans la région, mais qui se fane rapidement — que la recette fut inventée. Aujourd’hui, chaque foyer à sa recette. À ceux qui assurent qu’on peut y ajouter du parmesan, l’on rétorquera que traverser les montagnes depuis Parme était, à l’époque, presque impossible. En revanche, Gênes et la Sardaigne étaient très bien connectés par voie maritime : c’est la raison pour laquelle la recette ligurienne est préparée avec du pecorino. Au-delà de toutes ces considérations, le vrai secret du pesto réside dans les proportions des ingrédients. Dans la province de Savona, on y ajoute des pignons ou des noix, dans la ville de Nervi, de la crème et à Recco, du fromage blanc. Dans le sud de la France on trouve également une sauce similaire appelée « pistou ». Le pesto a donc des versions pour tous les goûts et chaque petit village de la côte génoise nous propose la sienne. Autre petite curiosité : le nom « pesto » vient de « Pestelleo », le pilon en bois qui servait à broyer les ingrédients dans un mortier en marbre pour obtenir la texture de la sauce et l’arôme du basilic. Aujourd’hui, la plupart des Italiens utilisent des hacheurs électriques.

Gênes recèle nombre des saveurs traditionnelles de la cuisine italienne. Nous continuons notre route en Ligurie. Prochaine halte : Savona et Imperia.

44.4056499, 8.9462559999999

Genova

Gênes est la sixième ville d’Italie en nombre d’habitants. Ces cent dernières années, Gênes s’est beaucoup développée. Elle intégra notamment 25 communes du littoral et des vallées. Aujourd’hui, elle est divisée en 25 circonscriptions et 71 unités urbaines.

Ville: 604.848 hab.

Surperficie: 243.56 kmª

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